la spirale des plantes médicinales du jardin!

Alors que Merveilles Végétales s’apprêtent à larguer les amarres direction les Pyrénées Orientales, on s’est dit qu’il était plus que temps de vous présenter les plantes de la spirale des médicinales créée au jardin de Griffeuille! Encore un grand merci à l’association Petit à Petit pour nous avoir fait confiance et donné l’occasion de réaliser notre première spirale de plantes médicinales….!

Tout d’abord, quelques mots sur l’intérêt de réaliser une spirale… Outre l’aspect esthétique, réaliser une spirale présente plusieurs intérêts : gain de place, exposition et arrosage adaptée à chaque plante (les plus gourmandes en soleil seront placées en haut, direction le sud et celles qui apprécient l’eau et la fraîcheur en bas, exposition nord), sol plus facile à drainer, à pailler et à arroser, etc. On a bien sûr privilégier les plantes adaptées au climat méditerranéen : lavandes, romarin, thym, hélicryse, origan, etc. sans oublier les plantes agréables à boire en infusion, menthes, crapaudine ou à cuisiner comme l’estragon…

Présentation succincte des vertus médicinales de ces dames!

 Achillée millefeuille

D’après la mythologie grecque, le centaure Chiron apprit à Achille, héro quasi-invincible, comment utiliser cette plante pour soigner ses amis sur le champ de bataille de Troie. C’est une excellente plante circulatoire. L’achillée améliore les échanges au travers des capillaires et des veinules. Elle a sa place dans les mélanges pour améliorer le retour veineux.

L’achillée est l’une des meilleures plantes hémostatiques que nous ayons dans notre pharmacopée naturelle. Elle a la capacité d’arrêter les saignements abondants. Cette utilisation est ancestrale. Les Romains l’appelaient « Herba Militaris ». Les Amérindiens de la tribu des Dakotas l’appellent « herbe pour les blessés ». C’est justement parce que l’achillée a une grande affinité pour le sang qu’elle joue un rôle majeur dans la régulation des cycles féminins. L’achillée, en infusion des sommités fleuries, est excellente pour l’aménorrhée, qu’elle soit passagère (due au stress par exemple) ou chronique. Prendre une ou deux tasses d’infusion par jour jusqu’à ce que les règles démarrent. Elle est aussi excellente pour la dysménorrhée, en particulier lorsqu’il y a douleurs et crampes, parfois avec écoulement de petits caillots, ou parfois avec écoulements lents et épais.

L’achillée est aussi une plante diaphorétique. Elle est particulièrement indiquée chez les fiévreux qui ont du mal à transpirer.

Lorsque les reins n’arrivent plus à faire leur travail (insuffisance rénale), la peau peut aider à éliminer certaines substances par sudation. L’achillée, en favorisant la circulation périphérique et la transpiration, peut soulager les reins malades. Elle sera prise en infusion chaude pour favoriser la diaphorèse. On note que l’achillée est aussi très diurétique.

Romarin

Surnommée « l’herbe aux couronnes », le romarin est originaire du sud de l’Europe, du Caucase (entre l’actuelle Géorgie et la Russie), il était déjà utilisé dans l’Egypte ancienne. Il représente la jeunesse éternelle. Il est antispasmodique, cholérétique, cholagogue, hépato-protecteur, tonique amer, carminatif. Mais il a également des propriétés antivirales et anti-infectieuses.

Beaucoup de ses propriétés sont liées au foie, en cas d’insuffisance hépatobiliaire par exemple mais aussi en cas de ballonnements et pour les infections des voies respiratoires en interne (2 gouttes dans du miel ou huile, 3 fois par jour). En usage externe, il sera utile  en cas de migraines, rhumatismes, douleurs articulaires, entorse, fatigue, convalescence.

L’huile essentielle de romarin à verbénone est régulatrice hépatique et de la flore intestinale, elle est cholérétique, cholagogue. C’est une régulatrice endocrinienne et du système immunitaire. Elle aide les peaux sèches et favorise la cicatrisation. Elle est régulatrice neuroendocrinienne (en friction) et elle revigore le psychisme en diffusion.

Hysope

C’est une lamiacée qui aime les sols pauvres et rocailleux. Elle aide à la digestion en étant carminative et peut être bue en infusion 15 minutes avant les repas afin de faciliter la sécrétion des sucs digestifs et la tonicité des muscles lisses pendant la digestion.

Elle est l’une des plantes médicinales indispensables pour l’hiver, car elle a l’avantage d’être appréciée en infusion par les petits et les grands. L’hysope soulage la sécheresse des bronches, à une étape de l’infection où le mucus s’est trop épaissi et a du mal à être expulsé par l’individu. L’hysope est un bon expectorant, et peut être associé au marrube (Marrubium vulgare) ou à la grande aunée (Inula helenium). L’hysope peut remplacer le thym lorsqu’un thym de qualité n’est pas disponible.

 Lavande aspic

La lavande aspic devient progressivement un petit arbuste. Ornée de fleurs violet pâle, elle fleurit fin août. La lavande aspic pousse dans le Sud de la France mais on la trouve aussi en Espagne, au Portugal et en Afrique du Nord. L’huile essentielle de lavande aspic est souvent utilisée comme un cicatrisant exceptionnel à utiliser en cas de brûlures. Elle possède aussi de très bonnes propriétés antalgique et on peut donc l’utiliser en cas de névralgie dentaire, migraine, névrite ou zona.

 

Thym officinal

Appelé aussi « farigoule » en Provence, le thym était déjà utilisé par les égyptiens à l’époque antique notamment pour l’embaumement des corps. Il fait partie de la famille des lamiacées, famille fort représentée en Provence. De ses sommités fleuries, on extrait l’huile essentielle qui comprend de nombreux composants de type phénols (thymol, linalol). Ses qualités principales : il est antispasmodique des bronches, expectorant, antitussif et antibactérien. On va l’utiliser pour des toux quinteuses, des bronchites mais aussi en cas d’aérophagie de dyspepsie et d’infections urinaires.

L’infusion de thym trop fortement dosée peut être difficile à boire : compter 15 g pour 1 litre d’eau à infuser 10 minutes. Le thym peut être associé au sureau, à la lavande, au clou de girofle, à la bourrache et au bourgeon de pin.

De façon générale, il va aider l’organisme à lutter contre les virus, les champignons, etc. toute attaque compromettant l’équilibre de l’organisme. Il est bactéricide, antifongique, vermifuge. Il favorise la digestion et c’est un tonique général, antioxydant.

Hélicryse

Elle  appartient à la famille des astéracées. Hélios signifie soleil et chrysos, l’or. Son huile essentielle (contient de nombreux cétones) est exceptionnelle : c’est la plante à appliquer en cas d’hématomes ! Elle possède aussi des vertus antalgiques.

C’est dans la voie cutanée qu’elle excelle ! Elle est aussi anticoagulante, anti-phlébitique. Elle aide à la cicatrisation, elle est astringente cutanée. C’est aussi une stimulante lymphatique et hépatique. On l’utilisera en cas de varices, couperose, brûlure et psoriasis. D’un point de vue émotionnel, elle peut aider à soulager l’anxiété, elle cicatrise les plaies de l’âme et elle est anti-sclérosante ! Lire la suite

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Merveilles Végétales déménage!

Ce n’est pas que le climat camarguais soit déplaisant, sa flore et sa faune et en particulier ses charmants moustiques sont bel et bien fascinants, mais l’association Merveilles Végétales lève le camp, quitte Arelate direction les Pyrénées Orientales!

Bientôt donc une nouvelle programmation d’ateliers et de rencontres avec notamment, une initiation aux propriétés médicinales des piments!

En attendant, un aperçu de quelques jardins botaniques à découvrir dans les P-O, histoire de vous donner envie de venir nous rendre visite….!

Bel été à toutes et à tous!

A LA MONTAGNE :

Le jardin botanique de la vallée d’Eyne, « la vallée aux mille fleurs »

Au cœur du Parc naturel régional des Pyrénées Catalanes, sur un haut plateau à 1600 mètres d’altitude, Eyne est un village de montagne atypique aux multiples visages. Haut lieu de la biodiversité, la Vallée d’Eyne bénéficie d’une renommée importante depuis le XVIIIème siècle grâce à de célèbres botanistes qui ont contribué à forger la réputation du site jusqu’à son classement en 1993 en Réserve naturelle nationale. La Réserve naturelle d’Eyne, la Maison de la Vallée d’Eyne et l’association Eyne Développement Durable ont rassemblé leurs énergies pour créer un espace d’interprétation qui se veut un espace d’information, de partage et de transmission autour des savoirs liés aux activités thématiques en lien avec la Vallée d’Eyne dans une démarche alliant rigueur scientifique et pédagogie pour le plus grand nombre.

Jardin Potager de Cal Mateu

Jardin potager de Cal Mateu

Situé au cœur d’une bâtisse du XVIIIe siècle inscrite au titre des Monuments historiques, Musée de France depuis 1997, le Musée de Cerdagne à Sainte-Léocadie présente au public un jardin potager original et représentatif des potagers de montagne. Valorisant les variétés locales, il est un témoin en perpétuel changement des potagers du territoire. Agrémenté d’un parcours sonore réalisé à partir d’enquêtes orales, il vous offre un regard sensible et technique sur ces savoir-faire d’hier et d’aujourd’hui…

 

 

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L’arboretum de Vernet-les-bains

En octobre 1940, de terribles inondations emportent une partie du quartier thermal, hôtels de luxe, maisons et boulevards, laissant une plaie béante à la place de la petite rivière qui traversait Vernet. Seules la partie haute du village et une partie du Parc du Casino sont préservées. Jusque dans les années 60, le lit de la rivière est restructuré et calibré, des variétés d’arbres les plus diverses sont progressivement plantées sur les berges. En 1992, l’école primaire crée une activité de dendrologie ayant pour objectif de recenser les espèces d’arbres présentes à Vernet. C’est le point de départ de la mise en valeur de ce remarquable patrimoine arboré. En 1994, le projet est lauréat du concours « mille défis pour ma planète ». La même année, la Fondation Yves Rocher le parraine dans le cadre de la campagne « une école, un arboretum ». En 1996, la municipalité créé officiellement le label Village ArboretumA chaque naissance d’enfant dans la commune, les parents plantent « son » arbre!

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événements à venir….!

La 4ème édition de « Bienvenue dans mon jardin au naturel! » organisé par le CPIE Rhône-Pays d’Arles, c’est déjà ce week-end! Au plaisir de vous voir samedi 16 juin à 16h au jardin de Griffeuille à Arles, au programme : présentation de la spirale des plantes médicinales, découverte des plantes qui soignent, celles qu’on cultivent et les sauvages spontanées!

Et parce que le naturel ne date pas d’hier, un autre rendez-vous végétal dimanche 17 juin à 17h : ce sera dans le jardin Hortus du musée d’Arles antique, atelier « senteurs de l’Antiquité » pour les minots pendant que les plus grands pourront s’initier aux vins et aux tapenades d’inspiration romaine élaborées par Mireille Chérubini…! et pour ceux qui s’intéressent aux plantes médicinales utilisées par les romains, possibilité d’un interlude conté dans les alvéoles d’Hortus…!

Ateliers à venir!

Enfin, nos premiers ateliers démarrent!!!! L’association Glaneurs/Glaneuses nous accueille cet hiver pour un premier cycle autour des plantes médicinales…. 

Jeudi 22 février 2018  « les plantes pour la fatigue et le stress »

Les jours se rallongent doucement mais les nuits semblent toujours trop courtes alors que le rythme du quotidien, frénétique, nous entraîne inexorablement vers des cernes à rallonge ! Dans cet atelier, on découvrira quelles sont les plantes médicinales et les aliments qui peuvent devenir nos alliés…

Discussions et échanges de savoirs autour d’une infusion de maté ou de thym citron.

Jeudi 8 mars 2018 « les plantes du grand nettoyage du Printemps »

Une des clés de voûte de la phytothérapie, est la pratique régulière du « drainage », au début du printemps et de l’automne. Ce terme qui évoque plutôt le BTP ou le jardinage, signifie aussi le nettoyage en profondeur de l’organisme afin de l’entretenir et de retrouver santé, vitalité et tonus. On verra donc les différentes possibilités d’auto-nettoyage que nous offrent les plantes !

Discussions et échanges de savoirs autour d’une infusion à base de romarin, de pensée sauvage ou de menthe poivrée

 

Jeudi 22 mars 2018 « plantes de sorcières, plantes de femmes »

Les femmes ont longtemps détenu des connaissances médicales leur permettant de conserver liberté, santé et bien être tout au long de leurs vies rythmées par des métamorphoses clés (être adolescente, être une jeune femme, être mère, être une vieille sage!) Dans cet atelier – mixte cela va de soi – on s’initiera aux plantes reines qui nous soutiennent dans ces différentes étapes… !

Discussions et échanges de savoirs autour d’une infusion de feuilles de mélisse, de framboisier ou d’alchémille

 

Pour celles et ceux que cela intéresseraient, un des projets de l’asso Merveilles Végétales est de proposer la mise en place d’un groupement d’achats afin de permettre à tou(te)s des plantes médicinales de qualité, à des tarifs accessibles. Les ateliers-discussions seront peut-être une occasion de démarrer !

enfin, le voilà!!!!

 

 

Dimanche 24 décembre 2017 : j’ai l’immense bonheur de partager avec vous le logo de Merveilles Végétales,  nouveau-né qui ne serait pas un tel feu d’artifice de joie, d’amour et d’optimisme sans les doigts de fée de Françoise Oppermann….! Encore un grand merci Françoise, pour ces précieux instants qui nous amenèrent tout naturellement à choisir Angelica Archangelica comme ambassadrice merveilleuse….!

Mais qui est donc Angélique Archangélique?

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La médecine traditionnelle tibétaine

Le tour du monde des médecines traditionnelles de Merveilles Végétales s’achève sur le « toit du monde », le Tibet!

Dans cet article, on découvrira davantage les principes de la médecine tibétaine qu’une liste détaillée des nombreuses plantes utilisées par les médecins tibétains : la médecine tibétaine, est connue pour administrer principalement  des pilules dont les plus précieuses sont maintenant exportées en Chine et en Occident, et dont la composition et le mode de préparation sont précieusement et secrêtement  conservés…. Depuis l’Antiquité, bien des légendes circulent au sujet du Tibet. Les pratiques des médecins lamas auraient été ramenées par les jésuites missionnaires nous apprenant qu’ils utilisaient les plantes sous forme de pilule ou de poudre. « Lama » signifie médecin, c’est-à-dire celui qui  a le pouvoir de libérer l’être humain de ses souffrances. « Bouddha »  est le médecin suprême…

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La Médecine antique égyptienne

Les trois incendies qui dévastèrent la bibliothèque d’Alexandrie ont fait disparaître d’importantes  connaissances sur l’Egypte antique. Au moins 600 000 papyrus partirent en fumée! Pour autant, la médecine antique égyptienne ne nous est pas inconnue, notamment car certains savoirs ont été conservés et transmis par les Grecs et les Romains.

La présence de vies humaines autour du Nil est attestée depuis 700 000 ans. Le premier calendrier égyptien daterait de 4241 avant J-C. Les connaissances astronomiques des égyptiens sont très importantes. Les Égyptiens tout comme les Dogons, tiennent l’étoile Sirius pour leur « étoile-mère ».  La lune tient une place tout aussi importante : le dieu lunaire Thot est le seul patron des médecins jusqu’à ce que s’impose la figure d’Imhotep, architecte, astronome, médecin et grand prêtre égyptien, Premier Ministre de Djozer, Pharaon de la 3ème dynastie. C’est l’architecte de  la1ère pyramide construite en 2750 avant J-C, celle de Saqqarah.  Il fut élevé au rang de héros semi-divin puis honoré en tant que dieu des médecins. A partir d’Imhotep, la médecine égyptienne resta la même pendant 3000 ans. Le puissant vent chargé de sables qui souffle régulièrement sur l’Egypte, fait suffoquer et porte au loin les miasmes des épidémies mais génère des ophtalmies : sur les conseils d’Imhotep, on ouvrit des écoles de médecine dans les temples. Dans la ville de Saïs, on forme déjà des sages-femmes et on enseigne la gynécologie. Les meilleurs intègrent la corporation des prêtres et deviennent des médecins fonctionnaires. Il existe aussi des médecins populaires dont les pratiques sont proches de celles des chamanes-guérisseurs.

Cherchant à atteindre une harmonie entre le Cosmos et le microcosme humain, elle est établie tel un dogme religieux. Les techniques médicales visent à établir des résonances entre le Ciel et le monde des humains. La science égyptienne a pour objectif de retrouver dans la diversité de la Nature, les analogies, les similitudes qui peuvent rapprocher les hommes de cette harmonie cosmique. Ses techniques visent à appliquer des « rythmiques », c’est-à-dire des rythmes, non des durées, qui se retrouvent dans les moments marquants la vie des humains, la Mort comme la maladie. La médecine égyptienne accorde une grande importance aux incantations, aux rythmes, cadences sacrées, etc. elle réorganise ainsi la dynamique du malade, calme les tensions. Mais aussi en faisant appel à des symboles qui agiraient sur une réalité vibratoire, les « hékau », telles des paroles de puissance (Livre des Morts, 16ème siècle av JC). Ils faciliteraient la concentration du prêtre médecin et de son patient, et induise une catharsis chez ce dernier. Pour les égyptiens, la maladie est comprise comme une disharmonie entre le patient et l’ordre cosmique. C’est une médecine vibratoire. La parole est productrice de pensée, les choses existent parce qu’elles sont nommées, de même que le monde fut initialement émis par un son primordial. Comme la maladie survient quand l’être humain est en désaccord avec l’Harmonie cosmique, les prêtres médecins utilisaient l’astrologie pour déterminer le moment le plus favorable pour qu’un traitement puisse être efficace.  Il sait aussi reconnaître les états pathologiques qui ne laissent aucun doute sauf de se réincarner, il déclare alors son pronostic : « maladie que je ne traiterai pas ».  Par ailleurs, des papyrus décrivent des manifestations pathologiques précises, permettant d’identifier des maladies bien réelles. Lire la suite

La médecine ayurvédique

Il y a un mois déjà, Merveilles végétales se télé-transportaient de l’autre côté de l’océan Atlantique, à la découverte des médecines amérindiennes… Notre tour du monde est sur le point de s’achever! Avant dernier épisode : les Indes, les vraies, pas celles de Christophe Colomb mais bien celles qui ont vu naître l’une des plus anciennes médecines, la médecine ayurvédique!

Les Aryas (nom  utilisé par les Indiens de la période Védique pour se désigner et qui faisait référence à la classe noble), adressaient aux plantes une offrande, une boisson divinisée, le Soma, surnommé le « roi des plantes ». Boisson surement fabriquée avec des substances hallucinogènes, elle était destinée à provoquer l’extase lors des cérémonies accompagnant les sacrifices au Dieu Agni. Elle était assimilée à une semence animale, à la pluie, source de fertilité des champs et des forêts.

Pour la médecine ayurvédique, les plantes sont à la fois magiques et thérapeutiques, c’est pourquoi leur administration se fait de façon rituelle, les prières et les incantations renforçant leurs efficacités. Les plantes sont les filles de la semence du dieu-lune Soma. Une liste de 436 plantes existe et dont le système de classification repose sur la partie utilisée (tige, feuille, fleur, etc.) et selon leurs vertus. Certaines sont utilisées de façon préventive dans la cuisine.

Les plantes aromatiques et thérapeutiques abondent depuis longtemps en Inde. De nombreuses et précieuses épices sont importées en Europe depuis la lointaine Antiquité : badiane, basilic, cannelle,  cardamone, coriandre, cumin, curcuma, gingembre, giroflier, muscadier, origan et poivrier qui poussent à l’état sauvage.

La gomme cachou noire provient de l’acacia catechu, un arbre épineux à l’écorce riche en tanins, qui a des vertus calmantes et antispasmodiques.

La badiane (Ilicium verum) de la famille des Magnoliacées dont les fruits sont stimulants, est stomachique, diurétique et tonicardiaque. On le trouve dans le fameux mélange 5 épices des currys.

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Les médecines amérindiennes

Alors que novembre fait rentrer la nuit dans nos journées de plus en plus courtes, Merveilles Végétales vous emmène  vers le soleil brûlant des Amériques, toujours curieuse de découvrir les médecines traditionnelles de part et d’autre de notre Terre…

Comparé à l’Afrique ou la vieille Eurasie, l’Amérique n’a été peuplé que récemment : ce sont surtout des populations asiatiques originaires de l’Asie du Sud Est qui ont quitté la Sibérie, traversé le détroit de Behring pour descendre jusqu’en Patagonie. Des ressemblances physiques existent d’ailleurs entre la morphologie des Mongols et celle des Indiens du Sud, à la différence des Sioux, indiens des Grandes Plaines. On observe d’ailleurs des similitudes importantes avec le chamanisme mongol usant de techniques de « guérissages » similaires, comme la succion symbolique (pour extirper l’agent étant la cause de la maladie sous forme de plumes ou de cristaux), les massages ou les manipulations.

Les Amérindiens ont une définition large de la médecine qui englobe leur mode de vie et qui « consiste à cheminer en harmonie avec la Terre-Mère ». Les hommes et les femmes-médecines sont des initiés qui consacrent leurs vies à faire régner l’harmonie autour d’eux. Pour eux, le Pouvoir relève de l’autorité qu’engendre la compréhension des faiblesses d’autrui. Leur philosophie s’appuie sur une grande tolérance et une équité entre tous basée sur l’idée que les voix du Grand Esprit sont les mêmes pour tous de même que tous les points sur la circonférence du cercle sont à égal distance du centre. Aucun cadre rigide n’existe car les connaissances sont transmises de façon personnalisée. Les rituels des hommes médecines consistent en priorité à maintenir une harmonie entre les humains et la nature, et chez les êtres humains, entre le corps et l’esprit. Cette conception se rapproche de celle des taoïstes.

Le mythe fondateur des Hopi – un monde tissé par la Veuve Noire – se retrouve dans des structures similaires chez les Tibétains, les Mongols et les Chinois taoïstes. Cette thématique d’un « monde tissé » se retrouve dans toute l’Eurasie ou l’Inde, à partir des couleurs de la terre (jaune, rouge, noir et blanc), que de la même façon chez les taoïstes avec les agents actifs que sont le bois, le feu, la terre, le métal et l’eau avec une organisation qui se fonde sur les 4 directions comprises à partir d’un axe central.

Les animaux occupent une place importante dans cette médecine préventive, spirituelle et physique : ils offrent des modèles de comportement. Les rituels des cérémonies ont pour but de recentrer les participants sur la façon de cheminer en harmonie avec la Terre-Mère. Par exemple, la pratique des « inipi » (hutte de sudation) a pour but la purification en rentrant en communication avec l’esprit des animaux.

La médecine des esprits-animaux

La médecine du serpent – symbole de la conscience cosmique, donc de l’intégrité – invite le patient à transformer ses désirs égoïstes, à abandonner ses défauts comme une vieille peau pour mettre sa force physique, sa danse au service du bien commun.

Les plumes de l’Aigle sont sacrées, elles sont utilisées pour ventiler le malade afin de l’aider à vaincre ses peurs.

Le chevreuil, symbole de compassion et d’amour, exprime le besoin de tendresse et de douceur. Le malade évitera de projeter ses propres peurs sur les autres et ne cédera plus aux idées négatives qui le hantent.

L’élan est rarement solitaire : sa médecine invite à ne pas rester dans l’isolement qui signe une dépression, à se nourrir d’aliments énergétiques et à rechercher un compagnon dynamique et loyal.

Nommé aussi « loge du rêve », l’ours symbolise les capacités intuitives. Sa médecine invite à reprendre en main sa vie « en utilisant son propre miel », c’est-à-dire ses propres sentiments et savoirs afin de dépasser ses propres faiblesses.

La culture du maïs marqua la fin de la Préhistoire en Amérique : les peuples amérindiens vont adapter les différentes espèces sauvages et vivrières tel que l’amarante, le haricot rouge, la courge, la sauge, le manioc, le quinoa ou la pomme de terre pour les cultiver. Ils vont utiliser les propriétés médicinales du cacao, de la coca, quinquina et du tabac (antalgique) ainsi que de la sauge (tonique et antiseptique), ces deux dernières étant des plantes sacrées. L’immense répression des Indiens en Amérique du Nord a fait table rase sur beaucoup de patrimoine. Malgré la destruction des objets rituels, certains savoirs médicinaux ont pu être conservés…

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La médecine traditionnelle des Chamanes

Avant l’arrivée de l’automne et ses courtes journées qui annoncent l’hiver, Merveilles Végétales vous emmène dans le grand Nord et ses immenses contrées froides et magiques, à la découverte des médecines traditionnelles des Chamanes…

Les pratiques chamaniques fascinent tout autant qu’elles effraient! Bien qu’on puisse en déceler des traces ou des influences un peu partout sur Terre, le chamanisme est avant tout « un phénomène religieux sibérien et central asiatique ». C’est une médecine qui remonte à la nuit des temps, à l’origine de l’humanité…  Lire la suite